17.

17.


Encore une fois, une histoire s'était achevée. Et pas des moindres celle-ci. Une histoire qui avait duré si longtemps, que sa fin, bien que programmée depuis le début avait quand même été des plus surprenante. Tant surprenante, qu'elle n'en avait pas encore pris conscience et le refusait même. Elle s'empêchait d'y penser, à quoi bon provoquer le mal ? Autant se voiler la face encore quelques instants, et profiter de ce qui existait encore dans les esprits de chacun. Les dernières fois sont toujours plus importantes que les premières fois, elle en était persuadée. Et une fois encore, l'histoire le lui prouvait. Elle n'oublierai pas grand chose, à défaut d'en être certaine, elle l'espérait de tout son coeur. Et c'était tout. Elle ne pouvait espérer rien d'autre. Rien des gens qui avait compté mais qui ne compteraient bientôt plus. Rien de ces moments déjà passés qu'elle ne revivrai plus. Une page était tournée. Bel et bien tournée, et la prise de conscience insinuait petit à petit sa douleur. Une stupide nostalgie l'emplissait peu à peu. Pourtant elle savait pertinemment qu'il était vain de se lamenter de ce qui avait été et qui ne serait jamais plus autre que par les souvenirs. Or comment accepter que le temps à lui seul, nous forçant à avancer, emmène avec lui tous ces moments passés et les vole, ne nous les redonne plus jamais ?


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# Posté le jeudi 11 juin 2009 16:47

16.

La folie de l'écriture l'avait-elle repris ? Elle n'osait qu'à peine le dire tant cela pouvait lui sembler fragile, et qui sait, éphémère. Elle avait appris que rien ne durait, ainsi, si son inspiration se tarissait soudain à nouveau, elle n'en serait que peu surprise. C'était peut-être une des raisons pour lesquelles elle chérissait ces moments. Seule avec les mots, où rien d'autre n'importait que la phrase, celle qui, avec la justesse la plus extrême, serait en mesure d'exprimer les sentiments voulus. Le bon mot, la juste mesure, et ses détails qui pourtant font tout. Et elle aimait à penser que si ses mots n'existaient aux yeux de personne, ils restaient exacts à ses yeux à elle et que ce n'était que ce qui l'importait. Elle aurait pu rester des heures, déblatérant du néant, sans une fois réfléchir au reste et à toutes les pensées parasites qui d'ordinaire emplissaient son esprit. Elle aurait pu en ce jour, ce dont elle n'aurait pas été capable hier. Cela l'emplissait d'une joie, somme toute un peu fébrile, tant elle connaissait la fragilité de ses humeurs. C'est pourquoi elle savourait chaque instant où les mots, dans leurs douces rondeurs, occultaient l'univers entier et se laissaient enfin écrire.
16.
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# Posté le lundi 25 mai 2009 15:56

15.

Il était arrivé, le jour où tout s'était fini. Elle n'aurait pu dire quand, ni comment cela s'était produit. Elle n'était capable que d'affirmer que, oui elle avait eu tort. Oui, ce qu'elle avait cru infini, s'était bel et bien terminé. Et cela faisait quelques temps déjà, pourtant malgré ce qu'elle pouvait en dire, il arrivait que parfois elle en souffre encore. Elle souffrait de savoir que tous les mots dits avaient été profondément pensés, mais que pourtant aujourd'hui il n'avait plus aucune signification. Ils étaient comme des trésors, trop longtemps enfouis et désormais oubliés, qui lorsqu'ils remontaient à la surface de sa mémoire, devenaient de déchirants supplices. C'était l'objet le plus important de sa vie. Celui qui prenait le plus de place, qu'elle ne pouvait jamais occulté et auquel elle faisait continuellement appel. Celui qui aurait toujours été là, et qui, maintenant qu'il avait disparu, laissait une grande marque indélébile à l'endroit où il s'était trouvé. Et bien que les larmes aient déjà longuement coulé, elles n'avaient pas su laver cette empreinte, cicatrice de ce qui avait un jour existé. Cependant, les larmes avaient cessé de couler désormais. D'autres objets avaient pris, doucement, mais surement, leur place dans son petit espace. D'autres avaient quant à eux, comme grandit, et répendaient davantage leur douce ombre. L'espace lui-même avait peut être un peu grandit, changé au gré de quelques saisons. Mais il était certain qu'un endroit resterai désormais toujours inoccupé, vestige de ce qui avait tant compté.
15.
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# Posté le dimanche 24 mai 2009 12:00
Modifié le lundi 25 mai 2009 12:17

14. Hit the Road.

14. Hit the Road.
Elle voulait prendre la route, c'est tout ce qui l'intéressait. Peu en importait les raisons, elle savait qu'elle en avait l'envie. Que cette envie devenait presque obsession, tant elle y pensait sans arrêt. Elle voulait rouler. Regarder l'horizon se rapprocher sans cesse et, surtout, ne jamais s'arrêter. Ne jamais prendre la route du retour, celle qui ramènerait à la case départ, ne jamais faire machine arrière. Elle s'y voyait déjà, refusant un jour l'arrêt, cédant à ce besoin qui bientôt la dévorerait. Et continuant la route, jusqu'alors inconnue. Ne penser qu'au voyage, non à la destination, oublier le but pour savourer le moment. Elle le ferait un jour. Non pas par une promesse naïve qu'elle se tiendrait à elle-même. Mais parce que cette envie deviendrait bientôt nécessité absolue et qu'un jour elle le savait, elle serait plus forte que n'importe quel autre impératif. Car rien ne paraît plus impératif que, pour un jour au moins, se sentir libre. Aussi libre qu'un oiseau dont le vol permettrait d'infinies directions. Et sentir cette liberté nous mordre les entrailles, sentir l'accélération qui nous détache du reste et cette excitation, de ne pas savoir où l'on va, mais d'y aller quand même. Il suffira d'un choix. Une seule fois. Une unique fois qui ne saurait tarder, tant la pression, tant le besoin est grand. Tant il dévore déjà. Ce serait comme une pulsion, incontrôlable, et l'impossibilité de ralentir, d'éteindre le moteur, l'impossibilité de se résigner comme à la fatalité du monde. Non ce ne sera pas un choix. Simplement un caprice, une nécessité de la raison, qui aurait soif de se sentir libre et de mieux s'évader. Simplement l'appel de la route sous ses pieds. L'appel d'un voyage infini, encore un. L'appel de ces instants, comme volés au temps, où l'âme échappe à tout impératifs pour sombrer dans le moment présent. Il n'y a que le trajet qui compte et on voudrait que jamais il ne finisse. Elle était amoureuse de ces moments perdus. Ces moments où le temps ne compte plus. Et le temps s'éteignant, elle peut enfin penser. Penser. A rien, mais y penser tout de même. Et elle sent ses idées, le long de cette longue route, elle s'entend déjà penser, cheveux aux vents, musique dans les oreilles, comme dans un vieux cliché. Elle l'aura son cliché, elle l'a tout bonnement décidé.
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# Posté le vendredi 22 mai 2009 15:33
Modifié le dimanche 24 mai 2009 12:13

13.

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# Posté le lundi 29 décembre 2008 12:27