19.

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Etait-ce véritablement la fatigue ? Cela atteignait-il l'épuisement ? Elle le répétait et ne trouvait aucune autre explication plausible. Elle était éternellement à fleur de peau et le cercle vicieux de sa fatigue y trouvait là sa source. Elle était comme pleine d'émotions. Celles-ci évacuant leur trop plein dès qu'elle s'aventurait à ouvrir la bouche. Elle allait bien pourtant. Elle allait véritablement aussi bien que possible, et c'est ce qui créait l'incompréhensible de sa situation. Certes, elle le savait, elle avait depuis toujours été la même, et ses larmes avaient depuis longtemps pris l'habitude de couler. Cependant, des extrémités étaient atteintes ces temps-ci, et elle ne savait se l'expliquer. Elle avait beau chercher sans relâche, elle ne savait comprendre le message que ses yeux lui criaient chaque jour. Etait-ce véritablement la fatigue la cause de cet état maladif ? Etait-elle à l'orée de l'épuisement sans même en avoir conscience ? Car la fatigue si elle se faisait sentir parfois, paraissait imbattable sur son terrain. Son pauvre sommeil luttait corps et âme, et si chaque matin la victoire lui semblait acquise, c'est une fatigue lancinante qui reprenait ses droits le soir même. Elle avait le sentiment que jamais cela ne prendrait fin, qu'elle était condamné à laisser couler ses larmes, dont la source était définitivement intarissable. Et que la quête du repos allait devenir la quête de son entière vie.



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# Posté le samedi 12 septembre 2009 15:41

18.




C'était en réalité, une immensité nue, s'offrant au regard du premier venu, de n'importe quels yeux mornes susceptibles de se poser sur elle. Une immensité vide, et belle. De celle qu'on ne se lasse pas d'observer, et qui de la plus étrange des façons, nous pousse à l'introspection. Car, le regard posée sur elle, son bruit sourd emplissant nos oreilles, et ses embruns ravissant nos narines, la vie semble curieusement plus simple. C'est comme si elle était lavée de ses défauts, si, soudainement, la moindre des craintes prenait sa réelle importance et disparaissait peu à peu, face à la grandeur de cette étendue d'eau. C'est comme si plus grand chose n'importe, lorsque, se laissant porter par son doux remous, on réalise ce qu'est l'insignifiant.



18.
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# Posté le dimanche 26 juillet 2009 15:49

Modifié le samedi 12 septembre 2009 15:50

17.

17.


Encore une fois, une histoire s'était achevée. Et pas des moindres celle-ci. Une histoire qui avait duré si longtemps, que sa fin, bien que programmée depuis le début avait quand même été des plus surprenante. Tant surprenante, qu'elle n'en avait pas encore pris conscience et le refusait même. Elle s'empêchait d'y penser, à quoi bon provoquer le mal ? Autant se voiler la face encore quelques instants, et profiter de ce qui existait encore dans les esprits de chacun. Les dernières fois sont toujours plus importantes que les premières fois, elle en était persuadée. Et une fois encore, l'histoire le lui prouvait. Elle n'oublierai pas grand chose, à défaut d'en être certaine, elle l'espérait de tout son coeur. Et c'était tout. Elle ne pouvait espérer rien d'autre. Rien des gens qui avait compté mais qui ne compteraient bientôt plus. Rien de ces moments déjà passés qu'elle ne revivrai plus. Une page était tournée. Bel et bien tournée, et la prise de conscience insinuait petit à petit sa douleur. Une stupide nostalgie l'emplissait peu à peu. Pourtant elle savait pertinemment qu'il était vain de se lamenter de ce qui avait été et qui ne serait jamais plus autre que par les souvenirs. Or comment accepter que le temps à lui seul, nous forçant à avancer, emmène avec lui tous ces moments passés et les vole, ne nous les redonne plus jamais ?


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# Posté le jeudi 11 juin 2009 16:47

16.

La folie de l'écriture l'avait-elle repris ? Elle n'osait qu'à peine le dire tant cela pouvait lui sembler fragile, et qui sait, éphémère. Elle avait appris que rien ne durait, ainsi, si son inspiration se tarissait soudain à nouveau, elle n'en serait que peu surprise. C'était peut-être une des raisons pour lesquelles elle chérissait ces moments. Seule avec les mots, où rien d'autre n'importait que la phrase, celle qui, avec la justesse la plus extrême, serait en mesure d'exprimer les sentiments voulus. Le bon mot, la juste mesure, et ses détails qui pourtant font tout. Et elle aimait à penser que si ses mots n'existaient aux yeux de personne, ils restaient exacts à ses yeux à elle et que ce n'était que ce qui l'importait. Elle aurait pu rester des heures, déblatérant du néant, sans une fois réfléchir au reste et à toutes les pensées parasites qui d'ordinaire emplissaient son esprit. Elle aurait pu en ce jour, ce dont elle n'aurait pas été capable hier. Cela l'emplissait d'une joie, somme toute un peu fébrile, tant elle connaissait la fragilité de ses humeurs. C'est pourquoi elle savourait chaque instant où les mots, dans leurs douces rondeurs, occultaient l'univers entier et se laissaient enfin écrire.
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# Posté le lundi 25 mai 2009 15:56

15.

Il était arrivé, le jour où tout s'était fini. Elle n'aurait pu dire quand, ni comment cela s'était produit. Elle n'était capable que d'affirmer que, oui elle avait eu tort. Oui, ce qu'elle avait cru infini, s'était bel et bien terminé. Et cela faisait quelques temps déjà, pourtant malgré ce qu'elle pouvait en dire, il arrivait que parfois elle en souffre encore. Elle souffrait de savoir que tous les mots dits avaient été profondément pensés, mais que pourtant aujourd'hui ils n'avaient plus aucune signification. Ils étaient comme des trésors, trop longtemps enfouis et désormais oubliés, qui lorsqu'ils remontaient à la surface de sa mémoire, devenaient de déchirants supplices. C'était l'objet le plus important de sa vie. Celui qui prenait le plus de place, qu'elle ne pouvait jamais occulté et auquel elle faisait continuellement appel. Celui qui aurait toujours été là, et qui, maintenant qu'il avait disparu, laissait une grande marque indélébile à l'endroit où il s'était trouvé. Et bien que les larmes aient déjà longuement coulé, elles n'avaient pas su laver cette empreinte, cicatrice de ce qui avait un jour existé. Cependant, les larmes avaient cessé de couler désormais. D'autres objets avaient pris, doucement, mais surement, leur place dans son petit espace. D'autres avaient quant à eux, comme grandit, et répendaient davantage leur douce ombre. L'espace lui-même avait peut être un peu grandit, changé au gré de quelques saisons. Mais il était certain qu'un endroit resterai désormais toujours inoccupé, vestige de ce qui avait tant compté.
15.
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# Posté le dimanche 24 mai 2009 12:00

Modifié le dimanche 26 juillet 2009 16:51