14. Hit the Road.

14. Hit the Road.
Elle voulait prendre la route, c'est tout ce qui l'intéressait. Peu en importait les raisons, elle savait qu'elle en avait l'envie. Que cette envie devenait presque obsession, tant elle y pensait sans arrêt. Elle voulait rouler. Regarder l'horizon se rapprocher sans cesse et, surtout, ne jamais s'arrêter. Ne jamais prendre la route du retour, celle qui ramènerait à la case départ, ne jamais faire machine arrière. Elle s'y voyait déjà, refusant un jour l'arrêt, cédant à ce besoin qui bientôt la dévorerait. Et continuant la route, jusqu'alors inconnue. Ne penser qu'au voyage, non à la destination, oublier le but pour savourer le moment. Elle le ferait un jour. Non pas par une promesse naïve qu'elle se tiendrait à elle-même. Mais parce que cette envie deviendrait bientôt nécessité absolue et qu'un jour elle le savait, elle serait plus forte que n'importe quel autre impératif. Car rien ne paraît plus impératif que, pour un jour au moins, se sentir libre. Aussi libre qu'un oiseau dont le vol permettrait d'infinies directions. Et sentir cette liberté nous mordre les entrailles, sentir l'accélération qui nous détache du reste et cette excitation, de ne pas savoir où l'on va, mais d'y aller quand même. Il suffira d'un choix. Une seule fois. Une unique fois qui ne saurait tarder, tant la pression, tant le besoin est grand. Tant il dévore déjà. Ce serait comme une pulsion, incontrôlable, et l'impossibilité de ralentir, d'éteindre le moteur, l'impossibilité de se résigner comme à la fatalité du monde. Non ce ne sera pas un choix. Simplement un caprice, une nécessité de la raison, qui aurait soif de se sentir libre et de mieux s'évader. Simplement l'appel de la route sous ses pieds. L'appel d'un voyage infini, encore un. L'appel de ces instants, comme volés au temps, où l'âme échappe à tout impératifs pour sombrer dans le moment présent. Il n'y a que le trajet qui compte et on voudrait que jamais il ne finisse. Elle était amoureuse de ces moments perdus. Ces moments où le temps ne compte plus. Et le temps s'éteignant, elle peut enfin penser. Penser. A rien, mais y penser tout de même. Et elle sent ses idées, le long de cette longue route, elle s'entend déjà penser, cheveux aux vents, musique dans les oreilles, comme dans un vieux cliché. Elle l'aura son cliché, elle l'a tout bonnement décidé.
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# Posté le vendredi 22 mai 2009 15:33

Modifié le dimanche 24 mai 2009 12:13

13.

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# Posté le lundi 29 décembre 2008 12:27

12.

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Non, assurément, l'inspiration ne la prenait plus. Elle s'en lamentait, tout en sachant pertinemment que c'était elle qui en était la responsable. Se désolant de chaque phrase qui parvenait à percer son esprit, elle renonçait rapidement à poser quelconques mots sur un papier. Elle n'imaginait plus, comme si à force de l'avoir fait, elle avait usé toutes les probabilités, chacunes des situations hasardeuses de la vie. Et même sachant ceci faux, son inspiration n'en était pas moins assechée. Elle cherchait inlassablement, fouillant son esprit à la recherche d'une quelconque scène d'un poétisme médiocre, qui pourrait tout au moins atténuer ce besoin d'écriture, qui à défaut de la dévorer, l'attirait tant encore. Mais même les mots l'avaient abandonnée. Ou bien peut-être était-ce le contraire. Peut-être était-ce elle qui jour après jour, les avaient délaissés, oubliant leur vertu et ignorant leur être. Elle s'en mordait maintenant les doigts, comme elle regretterait une erreur, elle avait oublié d'écrire, et l'écriture lui semblait maintenant perdue à jamais.


# Posté le vendredi 05 décembre 2008 13:00

Modifié le dimanche 26 juillet 2009 17:02

11.

11.
Elle n'a qu'une seule envie à l'heure actuelle, qu'une seule petite envie qu'elle partage, elle le sait, avec des millions. L'envie d'enfoncer ses pieds dans le sable, et de perdre son regard dans l'horizon. Ne plus penser à rien serait l'ultime des satisfaction. Et ajouté à cela, dans le meilleur des cas, elle rêverait que quelqu'un l'accompagne. Qu'elle soit perdue certes, mais elle ne veut pas l'être seule. Bref elle oublie vite cela, car elle suit, obéissante et naïve, les conseils qu'on lui donne. Se bercer d'illusions risquerai de n'apporter qu'une déception encore plus forte, on le lui a bien appris, et elle l'applique tant bien que mal, mais avouons le, surtout mal. Elle se demande où sa fierté bien-aimée a bien pu aller courir, la laissant égoïstement seule luttant contre sa nature affectueuse et ses pulsions lamentables. Certes elle se rassure calmement, s'expliquant à elle-même que tout ceci n'est qu'une phase, désagréable, de toute évidence, mais qui bientôt, si l'on pense à l'été qui s'annonce, ne sera qu'un lointain souvenir, et que le goût de frustration amer qui reste sur sa langue, bientôt aura été remplacé par le goût iodé de la mer. Et le vent dans ses cheveux suffiront à faire s'envoler ces dernières pensées qui y resteraient accrochées.
Toute cette mièvrerie la fait sourire mais autant se l'avouer, personne n'en a jamais assez. Il manquerait ici un doux coucher de soleil pourpre, dégageant sa chaleur au bord de rivages et de mer qu'il enflamme, et cette indolence propre à ces soirées d'été, qu'on attend trop longtemps et qui partent trop vite. Il manquerait un regard, autre que celui de la mer, dans lequel se plonger...

# Posté le mardi 17 juin 2008 09:51

Modifié le mardi 17 juin 2008 10:07

10 (Oublions nos chiffres fétiches).




Je suis tellement vide d'envie que cela en deviendrait presque effrayant.



'Marilyn'
10 (Oublions nos chiffres fétiches).

# Posté le mardi 26 février 2008 17:33