_________Les rayons du soleil, et leur lueur d'une éclatante blancheur, lui font ouvrir les yeux. Elle se réveille sur ce monde qu'elle cotoit depuis toujours mais connait si peu. Aux cotés de cet homme qu'elle cotoit depuis peu mais croyant la connaître si bien. Elle a envie de le serrer fort contre elle, mais ne le fera pas. Par habitude autant que par fierté. Elle se glissera délicatement hors de se grand lit froid, en prenant soin de ne pas bousculer le doux sommeil de cet homme. Encore enveloppée par les songes de sa nuit, elle se laissera guidée par ses pas dans ce petit appartement jusqu' à atteindre une fenêtre. De celle ci, elle verra l'exact même décor que la veille. Toujours ce bruit assourdissant qu'on devine depuis le silence de notre intérieur. Toujours ces gens sombres, qui donnent à ce décor toute sa morosité, bien qu'ils mènent probablement une vie des plus simplement heureuse. Toujours ces grand arbres éffeuillés, semblant implorer le ciel de leurs fine branches. Et le soleil a beau briller de tout son éclat, c'est une froideur hivernale qu'il dégage. Une froideur vicieuse qui s'infiltre à travers les murs, jusqu'à l'atteindre elle, se faufiler par les pores de sa peau et la faire frissonner. Elle aime l'hiver en été, et implore l'été en hiver. Syndrome de l'esprit de contradiction probablement. Jamais elle n'aura ce qu'elle veut, et elle le sait bien. Simplement parce qu'elle désire ce qu'elle n'a jamais. Alors elle ferme doucement les yeux. Elle les ouvre sur son propre monde à elle. Car celui ci, elle le connait bien. Mieux que personne ne le connaitra jamais, elle le sait. Elle s'imagine des histoires. Des histoire où elle s'aime. Et plus que ça, des histoires où elle aime. Elle s'amuse, elle joue. Et le plus beau de ces jouets n'est autre que son imagination. Et puis soudain, les rayons du soleil la réchauffe. Ils éclairent ce jardin secret auquel elle tient tant. Cet espace de bonheur ou rien n'a d'incidence. Ce lieu modulable qu'elle peut choisir d'être la vérité. Cette place où il ne tient qu'à elle de créer son bonheur.
_________Et puis une froide main touche son épaule. Elle sursaute légèrement, frémit et ouvre les yeux, fermant soigneusement à clé les portes de son jardin. Elle le regarde dans les yeux, le reconnait enfin, et puis sourit. Un sourire qu'elle sait faux, mais qu'il ne percera pas. Il croira naivement à un sourire encore plongé dans les rêves de son sommeil. Mais ignore qu'elle ne fait que rêver éveillée.